Chaque critère mérite un verdict — ou un protocole, pas une case cochée à l'aveugle
Notre méthode part d'un constat simple : la plupart des outils d'audit s'arrêtent où s'arrête l'automatisation. Issue d'un laboratoire de recherche dédié à la détection automatisée de conformité, notre méthode va plus loin, en évitant de confondre un artefact d'outil avec un vrai défaut.
WCAG et RGAA, deux référentiels indépendants
WCAG 2.1/2.2 niveaux A et AA (56 critères) et RGAA 4.1.2 (106 critères) sont testés chacun sur ses propres termes, pas l'un dérivé de l'autre. Une simple table de correspondance RGAA↔WCAG produit des faux positifs et des faux négatifs : un seul critère WCAG peut pointer vers une vingtaine de critères RGAA thématiquement sans rapport.
Pour chaque critère couvert par notre démarche, nous produisons un verdict — automatisé sans contrôle humain, ou confirmé rapidement à la main sur une analyse déjà faite (jamais un ré-audit). Les critères qui exigent un jugement humain direct, sans aucune méthode automatisée, ne sont pas intégrés à notre démarche : en tant que laboratoire de recherche, nous cherchons à repousser aussi loin que possible les limites de l'automatisation — méthodes traditionnelles combinées au jugement de modèles de langage pour les analyses de type humain — plutôt qu'à les compenser par un audit manuel classique.
Cadre réglementaire couvert : EAA (directive européenne 2019/882), WCAG 2.1/2.2, RGAA 4.1.2. Voir aussi où en est la version 5 du RGAA, actuellement en cours de rédaction.
Notre démarche, étape par étape
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Cadrage de périmètre
Cartographie du site, découpage par gabarit de page (pas par URL brute), présentation explicite du périmètre pour un arbitrage conscient, exclusions documentées dans le rapport final plutôt que passées sous silence.
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Détection automatisée à grande échelle
Scan axe-core 4.9.1 en navigateur réel, inspection DOM riche (noms accessibles, structure de titres, rôles ARIA), navigation clavier automatisée, contraste, zoom et reflow, espacement de texte, annulation de geste pointeur, comparaison CSS/JS désactivés, documents bureautiques. Une batterie avancée complète ce socle : contraste des composants d'interface (calcul de luminance sur l'élément, ses conteneurs et ses enfants), déclarations CSS de couleurs avec repli, information portée par les pseudo-éléments, contenus cachés, contenus révélés au survol sans équivalent clavier, gestes complexes détectés par une instrumentation posée avant le chargement de la page (non-applicabilité prouvée quand aucun geste n'existe, avec recherche systématique d'une alternative par boutons), changement de contexte à la saisie, messages de statut, position géométrique des étiquettes de formulaire, formulaires engageants, animations de flash, et retour du focus à la fermeture des fenêtres modales (ouverture et fermeture réellement simulées, pas supposées).
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Preuve réelle plutôt que supposition
Pont vers un vrai lecteur d'écran (NVDA), test de délai de session réel (attente effective, pas de simulation), triage assisté par un modèle de vision/langage multimodal via API pour les icônes sans nom accessible, simulation de gestes tactiles et rotation d'écran, et audit pas à pas d'un tunnel transactionnel complet (résultats, tarifs, formulaire) sans jamais aller jusqu'au paiement réel.
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Passage à l'échelle sur le site complet
Crawl automatisé parallèle pour auditer des centaines de pages en cascade, agrégation des patterns de défauts pour repérer les composants partagés plutôt que des symptômes isolés page par page.
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Vérification croisée
Chaque défaut potentiel est confronté à la question : est-ce un vrai défaut du site, ou un artefact de l'outillage lui-même ? Voir notre principe de rigueur méthodologique ci-dessous.
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Livrables et priorisation
CSV, classeur Excel, rapport Word et chat interactif — en français et en anglais — avec priorisation par sévérité et mise en évidence des défauts systémiques à fort effet de levier.
Agrégation RGAA au niveau des tests unitaires
Notre méthodologie repose sur les 258 tests unitaires officiels du RGAA 4.1.2 plutôt que sur une évaluation globale par critère. Un critère n'est déclaré conforme que si tous ses tests applicables passent sur l'ensemble des pages de l'échantillon audité. Le verdict par critère est calculé automatiquement à partir des résultats de test, et non saisi à la main ; le taux de conformité officiel exclut les critères non applicables au site audité. C'est ce qui rend possible notre promesse centrale : chaque critère mérite un verdict — ou un protocole, pas une case cochée à l'aveugle.
Validation W3C en local
Le code source rendu de chaque page — celui que consomment réellement les technologies d'assistance — est validé par une instance locale du validateur W3C, sans limite de taille de page. Les messages sont filtrés au périmètre du test officiel (balises, imbrication, attributs dupliqués) pour éviter le bruit hors sujet.
Jugement par modèle multimodal, encadré
Un modèle de vision/langage multimodal, appelé via API, juge les images déclarées décoratives, les images-texte, l'information portée par la seule couleur et par la seule forme/position — sur la capture complète de la page — ainsi que la pertinence des étiquettes et du plan du site. Par transparence, nous affichons un double taux : le taux officiel, qui inclut les jugements du modèle, et le taux mécaniquement prouvé sans eux. Une annexe exhaustive liste chaque texte jugé ; ce matériel est conservé pour un contrôle par échantillonnage.
Cohérence entre les écrans
Les signatures de navigation de chaque page (ordre des menus, emplacement du plan du site et du moteur de recherche) sont comparées entre elles, de même que la cohérence des étiquettes de champs assurant une même fonction sur des écrans différents — un défaut fréquent que l'audit page par page ne révèle jamais.
Preuve réelle : le cœur de notre différence
Au lieu de laisser un critère « non testé » faute d'automatisation possible, nous avons développé des protocoles pour obtenir une preuve réelle à un coût de mise en œuvre raisonnable.
Pont lecteur d'écran réel (NVDA ↔ Playwright)
Nous capturons la voix réellement prononcée par NVDA — pas une approximation de ce qu'il devrait dire. Cela permet de confirmer des défauts avec citation exacte de ce qu'un utilisateur aveugle entend (par exemple une date anglaise prononcée en français faute d'attribut lang).
Test de délai de session réel
Attente effective de 30 minutes, avec contrôles espacés, pour vérifier l'absence d'avertissement ou de déconnexion silencieuse sur un parcours transactionnel réel — pas une simulation accélérée.
Triage assisté par modèle de vision
Pour chaque bouton-icône sans nom accessible détecté par le DOM, un modèle de vision propose un libellé pertinent et juge la correspondance icône/fonction. Présenté comme un triage, pas un verdict définitif — une colonne dédiée signale les cas nécessitant une relecture humaine.
Gestes tactiles et rotation d'écran
Simulation de gestes tactiles et de rotation via l'émulation Playwright, sans matériel physique dédié — utile pour vérifier l'annulation de geste pointeur (WCAG 2.5.2) et le comportement en orientation paysage.
Rigueur méthodologique : ne pas confondre artefact d'outil et vrai défaut
Un principe appliqué de façon stricte tout au long de nos audits : éviter de documenter comme défaut réel un comportement qui est en fait un dysfonctionnement de l'outil d'audit lui-même.
- Un « gel du rendu 15-30 s » initialement documenté comme défaut du site s'est révélé être un timeout de l'outil de capture d'écran — retiré après investigation.
- Deux défauts accidentellement dupliqués lors d'une passe d'audit ont été détectés et fusionnés lors d'une régression.
- Le triage par vision a lui-même été audité : une première version produisait des faux positifs sur des boutons dont le nom accessible provenait en réalité d'un
<label>associé — corrigé avant mise en production, revalidé à zéro faux positif.
Ce qui reste fondamentalement manuel
Une partie des 162 critères (19 % RGAA, 29 % WCAG) exige un jugement humain direct qu'aucune méthode automatisée ne peut couvrir à ce jour — parité entre lecteurs d'écran, étape de paiement, fidélité d'une version alternative bureautique, dispositifs d'authentification. Nous n'intégrons pas ces critères à notre démarche : en tant que laboratoire de recherche, nous cherchons à repousser aussi loin que possible les limites de l'automatisation — méthodes traditionnelles combinées au jugement de modèles de langage pour les analyses de type humain — plutôt qu'à les compenser par un audit manuel classique. Nous assumons cette limite plutôt que de la masquer — c'est un argument de confiance, pas une faiblesse à cacher.
Parité entre lecteurs d'écran
Ce que NVDA annonce peut différer de JAWS ou VoiceOver sur certains composants complexes.
Étape de paiement
Le tunnel transactionnel est audité pas à pas (résultats, tarifs, formulaire), mais l'étape de paiement elle-même n'est jamais franchie, par principe.
Contrôle par échantillonnage des jugements du modèle
Les jugements du modèle multimodal (textes alternatifs, plan du site, étiquettes) sont vérifiés par échantillonnage humain à partir de l'annexe exhaustive conservée pour chaque audit.
Fidélité de version alternative
Juger si un document bureautique alternatif contient bien la même information que sa version web n'est pas automatisable, même si sa détection et son balisage technique le sont.